En raison de la crise sanitaire les salons et manifestations sont suspendus jusqu’à nouvel ordre

Lycée Lapie : le Ballet de Lorraine portera leurs broderies

Grâce au partenariat noué par L’École de broderie d’art du lycée Paul-Lapie avec le Ballet de Lorraine, les élèves de la classe de 1re année du brevet des métiers d’art ont brodé les tenues des danseurs d’un des prochains spectacles, « Static Shot ».

Le 2 décembre, le cœur des élèves en 1re année de brevet des métiers d’art au lycée Lapie devrait battre plus fort que d’habitude. Leurs pensées seront alors tournées vers la scène de l’Opéra national de Lorraine pour la première de « Static Shot », une création de la chorégraphe Maud Le Pladec.

À cette occasion, des danseurs et danseuses du Ballet de Lorraine porteront les tenues créées par la styliste parisienne Christelle Kocher. Le rapport avec les apprenties brodeuses lunévilloises ? Bénéficiant du partenariat liant l’École de broderie d’art à la compagnie de danse, elles ont été embarquées dans l’aventure grâce aux excellentes relations qu’entretient Franck Retournard, responsable de l’atelier de couture de l’établissement, avec la chef costumière du Ballet, Martine Augsbourger. « Il nous a sollicités pour la réalisation de broderies en strass de Swarovski sur quelques-unes de ces tenues. » Les motifs devant s’inspirer des collections de la styliste parisienne dont la cote ne cesse de grimper.

Des strass au stress

N’ayant commencé leur formation que depuis quelques semaines, c’est un sacré challenge qui s’offrait aux douze étudiantes. D’autant que la commande de huit pièces n’a été confirmée que tardivement en raison des incertitudes liées à la crise sanitaire. « Elles restaient libres de ne pas l’accepter », tempère l’enseignant.

Après une légitime crainte de ne pas être à la hauteur, le défi est relevé à l’unanimité. « Conscientes que nous allions être confrontées aux conditions exigées à un véritable atelier, nous nous sommes organisées. » Élue chef d’atelier, Emma est en charge de coordonner l’équipe. L’ouvrage prend bonne tournure. Adaptés au maillot, brassière, masque, cagoule et autre durag, les motifs prennent corps.

Mais des strass au stress, il n’y a qu’un pas. Comme dans la vraie vie, des aléas pimentent leur travail. À l’instar du tee-shirt à broder risquant d’arriver après la date limite fixée pour la livraison. Mais qu’importe, c’est avec fierté qu’elles pourront désormais broder sur leur CV la participation à cette belle aventure.

Est Républicain Par Didier HUMBERT 30 nov. 2020

Les brodeuses de Lapie habillent la marionnette de la reine Élisabeth 1ère

Les élèves en 1re année BMA broderie du lycée Lapie participent à un projet créatif leur permettant de réaliser les manches du costume de la marionnette d’une reine anglaise. Le spectacle sera joué à Paris et Charleville-Maizières lors du festival mondial de la marionnette.

 C’est un projet concret. J’ai conçu quelques fleurs dont une rose avec des perles baroques. Elle a été retenue, tout comme la plaie qui doit prendre place sur le bras ensanglanté. Elle sera mixée avec la rose d’un autre élève », explique Auriana, en 1re année BMA broderie.

La jeune brodeuse et ses onze autres camarades participent à un projet créatif permettant de réaliser les manches du costume de la marionnette de la reine Élisabeth 1ère. La souveraine évoluera dans le spectacle Theatrum Mundi de la marionnettiste Lucie Cunningham. « Je travaille déjà avec cette personne, également costumière, pour le Ballet de Lorraine. En discutant, on s’est dit pourquoi ne pas broder les manches énormes de son personnage. Elle rentre dedans pour l’animer », intervient Franck Retournard, professeur de broderie.

Une autre pièce de broderie suggérera un lambeau de chair sanguinolent sur un bras. Les créatrices ont travaillé d’après des documents fournis par la marionnettiste.


La pièce de gauche sera mixée avec une autre pour simuler la plaie sanguinolente.   Photo ER /Xavier COLLIN

Huit échantillons sélectionnés

Les élèves ont réalisé trois échantillons chacune en moyenne au cours de leurs dernières vacances scolaires. Lucie Cunningham est venue au lycée et en a choisi huit. « Elles ont toutes du talent. Leur travail est unique. C’est bien de le montrer. Elles vont maintenant créer ensemble les manches et le lambeau d’après la sélection effectuée en mixant les différents échantillons. On verra le produit fini fin mars ». Date butoir : le 5 avril.

Le spectacle sera joué à Paris à la fin du mois prochain. « Les élèves œuvrent en situation d’atelier. L’une d’elles dirige le groupe pour la confection des pièces. Chacune a sa tâche. Elles vont se tester et échanger leurs gestes et savoir faire », poursuit le prof. « Ce travail le servira de carte de visite pour plus tard. » Une version taille 1 est prévue pour la fin de la semaine en cours.

Les élèves devraient découvrir leurs réalisations sur scène lors de la présentation du spectacle au festival mondial de la marionnette à Charleville-Maizières, qui se tiendra en octobre prochain. Léandra ajoute : « Je me suis inspirée de l’univers de Lucie, plus ma touche personnelle. J’ai fait une rose et un black work, une technique où le dessin peut se voir à l’envers et à l’endroit. Un style que l’on retrouve sur les robes de la reine Élisabeth 1ère  ».

Est Républicain – Par Xavier COLLIN 13 mars 2021